cop21 paris 2015

Les VTC acteurs de la Transition Énergétique

Le transport urbain n’est pas un gateau de taille finie à se partager.

D’où l’idée que la multiplication des options ne nuit pas nécessairement aux acteurs existants et plus spécifiquement ne semble pas réduire le chiffre d’affaires des taxis.

Pour ce qui est de la prise de conscience de l’impact du réchauffement de la planète, la Conférence “Paris Climat” – à venir en fin de cette année – représente l’étape la plus importante depuis le protocole de Kyoto. A cette occasion il n’est pas inutile de relire un document publié l’année dernière par l’Ademe, l’Agence gouvernementale en charge de la Maîtrise de l’Energie: perspectives 2030 – 2050. Ce document fixe le cap et indique que l’objectif est de diminuer d’un facteur 4 l’émission des gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Il démontre également qu’il s’agit d’un objectif qui n’est pas utopique.

Après le logement, le transport est le second contributeur – hélas négatif – dans ce domaine, responsable de 27% des gaz à effet de serre selon un autre document de l’Ademe: optimiser ses déplacements. Si on se concentre sur le transport urbain, la nécessaire division par 4 s’obiendra d’une part en réduisant l’empreinte carbone des véhicules eux-mêmes, avec notamment les véhicules électriques, d’autre part en repensant entièrement la mobilité urbaine. Transports en commun, utilisation du vélo et bien sûr auto-partage sous toute ses formes.

C’est là que les VTC interviennent. Le même document indique que le coût annuel d’un véhicule individuel est en moyenne de 6 000 Euros par mois, alors qu’il reste inutilisé pendant 95% du temps.Il y’a donc une triple inefficacité: économique, logistique et environnementale. De ce fait, la tendance à renoncer à la voiture individuelle dans les grandes agglomérations telles que Paris ou New York est notoire. Les infrastructures dédiées à la circulation ou au parking ne peuvent de toute manière plus accueillir de trafic supplémentiare. Les alternatives sont multiples et l‘une d’entre elle est évidente: partager les véhicules.

Un véhicule partagé est considéré comme 17 fois plus efficace qu’un véhicule individuel en ce sens qu’il traite les besoins en déplacement intra-urbains de 17 personnes. Les VTC sont par  essence des véhicules partagés. C’est un raisonnement malthusien que d’imaginer leur objectif principal sous l’angle de la concurrence avec les taxis. Leur utilisation première est de réduire l’utilisation et la nécessité de posséder des voitures individuelles. En ce sens le potentiel est colossal et la taille du marché futur est infiniment plus grande que ce que n’importe quelle étude qui s’inscrit soit dans la continuité, soit même dans une logique de comparaison avec les autres grandes villes étrangères, peut extrapoler.

D’autre part et même si la technologie des moteurs va conduire à de très grands progrès, on ne réduira pas d’un facteur 4 l’empreinte CO2  sans réduire le nombre total de voitures en circulation. Et les VTC ont donc un rôle central à jouer dans cette évolution. Il n’est pas exagéré d’affirmer qu’ils mériteraient de figurer en bonne place dans les attendus de la conférence à venir. J’ajoute sans avoir l’impression de pousser le bouchon trop loin qu’on a peine à imaginer un scénario satisfaisant de réduction des gaz à effet de serre sans développement agressif des VTC.

On le voit, la question des taxis et de l’évolution des modes de transport urbains partagés n’est pas à prendre par le petit bout de la lorgnette (retour à la base et autres sornettes), sans vision de l’avenir. Une fois de plus est confirmé l’adage qui affirme: quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt.

 

 

 

crédit photo : http://www.cop21.gouv.fr/

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