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Chauffeur VTC : un métier qui attire les jeunes

Les demandes d’entretien pour devenir chauffeurs SnapCar ne cessent d’augmenter mois après mois.

 

Nous avons enregistré une hausse de plus de 165% des formations de chauffeurs de 2014 à 2015, et ce malgré la modification des conditions d’accès à la profession avec la création de la loi Thévenoud en Octobre 2014, notamment les 250 heures de formation rendus obligatoires.

 

Mais nous ne sommes pas seuls. Nos concurrents affichent également un nombre important de référencements de nouveaux chauffeurs en 2015, et, en règle générale, le secteur a exlosé, que ce soit en terme de nombre de chauffeurs qui offrent leurs services ou de nombre d’utilisateurs et de trajets effectués.

 

On peut dater la véritable démocratisation des applications au début et dans le courant de l’année 2014, avec la médiatisation qui a suivi le conflit entre les VTC et les Taxis ou pour être plus précis, les grèves et manifestations de ces derniers. Dès lors le grand public et plus uniquement les  « early-adopters » (comprendre les clients dénicheurs de tendances, généralement les jeunes) a commencé à s’intéresser aux applications, entraînant ainsi une énorme croissance de la demande.

 

Malgré le coût de la formation chauffeurs – 2000 à 4000 Euros – consécutif à la loi Thévenoud, les salles des centres de formation n’ont pas désempli en 2015, et un raz de marée de nouveaux chauffeurs est venu renforcer les rangs de ceux qui opéraient déjà à ce moment-là.

 

Pourquoi un tel engouement pour le métier de chauffeur ?

 

Nous avons d’abord remarqué qu’un désir d’émancipation et de liberté attire fortement les jeunes vers une activité dont les horaires et l’activité sont flexibles. Ils deviennent pour la plupart entrepreneurs individuels ( 60% des sondés dans cette étude de l’observatoire national des Taxis et VTC) plutôt que salariés et peuvent même créer une entreprise qu’ils font croître. Ils ne rendent donc des comptes qu’à eux même, et cela représente à leurs yeux une vraie fierté que d’être gérant de leur propre entreprise.

 

Ensuite le métier de chauffeur VTC bénéficie d’une belle réputation auprès des jeunes : au volant d’une berline de luxe, bien habillés, et avec la recherche d’un service client de qualité. Il y a là une perspective de valorisation sociale, un prestige particulier, que d’autres métiers n’offrent pas systématiquement.

 

Nous savons aussi que l’accès à cette profession ne nécessite pas de diplômes académiques et s’adresse donc aussi à ceux dont le parcours scolaire a fermé de nombreuses portes. Il suffit d’avoir la motivation de se « construire soi-même », sur le modèle américain, à force de travail. Pour cette raison il attire une large frange de la population ne voyant plus dans le monde du travail salarié la solution d’avenir en raison d’un chômage endémique: pas de CDI et souvent pas d’emploi du tout.

 

L’État est-il en train de tenter d’en limiter l’accès ?

 

Les conditions pour devenir chauffeurs ont changé en février 2016 : fin de la formation de 250 heures imposée par la loi Thévenoud, bienvenu au QCM de 110 questions sur des sujets comme le droit du transport, la gestion d’entreprise, la compréhension de l’anglais.

 

On pourrait croire que ces modifications sont un assouplissement, et que de ce fait un encore plus grand nombre de candidats devraient être formés au métier de chauffeur en 2016, mais il n’en est rien.

 

L’État limite le nombre de sessions de formation : une session par mois et par centre de formation seulement. Ensuite les conditions de réussite de l’examen – avoir des connaissances approfondies en droit du transport, en anglais et en différentes autres matières -, vont à nouveau nécessiter des « stages de préparation », payants pour les chauffeurs (aux alentours de 1800€).

 

Nous n’allons donc probablement pas assister à une explosion du nombre de chauffeurs VTC comme le craignent certains de ceux qui militent pour limiter la croissance du secteur; et il est à craindre un déséquilbre entre offre et demande sur un marché en rapide expansion.

 

En effet à contrario, le nombre de clients s’inscrivant sur les plateformes de mise en relation, c’est à dire changeant leurs habitudes de consommation de transport et privilégiant des usages «  à la demande », ne cesse d’augmenter. Dans un tel contexte prendre des mesures créant un goulot d’étranglement à l’entrée pour les nouveaux chauffeurs sur le marché va à l’inverse de la logique économique.

 

En y réfléchissant bien, cet afflux de nouveaux chauffeurs est une aubaine également pour tout un éco-système : ces derniers achètent des véhicules aux concessionnaires, les font assurer chez les assureurs, réparer dans les garages.

 

Les autorités compétentes devront de toutes façons faire face dans les années qui viennent à un engouement  de plus en plus fort pour les services de « l’économie distribuée », comprendre les applications permettant de commander des services à la demande, facilement, en se libérant des inefficacités et frottements qui existaient avant les plateformes numériques. Si nous évoquons ici l’exemple des VTC, c’est tout aussi pertinent par exemple pour les services de livraison de repas qui font fureur en ce moment, et le sera dans bien d’autres secteurs.

 

Ce sont donc de plus en plus de jeunes qui vont se tourner vers ces métiers, nécessitant des statuts adaptés (le statut d’auto-entrepreneur en est l’une des formes), permettant de travailler de manière agile, en tant que chauffeur le lundi, livreur le mardi, aide à domicile le reste de la semaine etc.. Certes il faut réfléchir à la cohabitation avec les acteurs déjà en place sur chacun de ces marchés, mais sans que celle-ci ne conduise à empêcher ou freiner la création d’emplois nouveaux dont cette économie distribuée est porteuse.

 

2 commentaires

  1. Bonjour je veux bien m’inscrire pour travailler comme chauffeur snapcar. merci

Les commentaires ne sont pas permis.

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